Le satellite Sentinelle‑6B de Copernicus est entré en service opérationnel le 30 octobre 2026, garantissant la poursuite jusque dans les années 2030 d’un relevé de mesures satellitaires du niveau moyen mondial de la mer entamé il y a plus de trente ans. Exploité par EUMETSAT pour le compte de la Commission européenne, il deviendra bientôt le satellite de référence mondial pour l’altimétrie océanique de haute précision et servira à l’étalonnage d’autres missions de mesure du niveau de la mer.
Les prévisionnistes météorologiques utilisent les données de Sentinelle‑6B de Copernicus pour des échéances allant de quelques jours à quelques mois. Dans les heures qui suivent leur acquisition, les données sont intégrées aux modèles des services météorologiques et contribuent à prévoir la houle lors des tempêtes atlantiques hivernales et des cyclones méditerranéens, mais aussi à anticiper l’intensité des ouragans. Le relevé de mesures du niveau de la mer alimente également les prévisions saisonnières, y compris des épisodes El Niño et La Niña. Sentinelle-6 embarque un instrument de radio-occultation, qui fournit aussi des données sur la température atmosphérique et la vapeur d’eau.
Les observations de Sentinelle‑6B appuient l’ensemble des services Copernicus, notamment le service climatique, qui surveille l’évolution à long terme de l’océan, et le service de prévisions océaniques. Ces prévisions permettent de visualiser les principaux courants océaniques : ainsi, les navires peuvent modifier leur cap en fonction de leur emplacement et de la direction des vagues. Les deux satellites Sentinelle‑6 disposent d’un mode haute résolution, qui permet d’obtenir des mesures détaillées des zones côtières et des eaux continentales, contribuant ainsi à une navigation maritime plus sûre, à la protection du littoral et à la gestion des ressources hydriques.
Le niveau moyen mondial de la mer a augmenté de plus de 11,5 cm depuis décembre 1992, et cette tendance s’accélère, avec une hausse de 2,8 cm sur la première décennie et jusqu’à 4 cm au cours de la dernière. Cette hausse résulte à la fois de la fonte des glaciers et des nappes glaciaires et du réchauffement des océans, qui provoque la dilatation de l’eau. Pour suivre l’élévation du niveau de la mer, Sentinelle‑6B et son jumeau Sentinelle‑6 Michael Freilich, lancé en novembre 2020, fourniront des données sur le niveau de la mer sur près de 95 % de l’océan libre de glace, ainsi que sur les courants océaniques, la hauteur des vagues, la vitesse du vent et le niveau des fleuves et des lacs.
« Seule l’altimétrie satellitaire permet un suivi aussi homogène de l’évolution du niveau de la mer à l’échelle mondiale. Ses données sont essentielles tant pour la recherche et les politiques climatiques que pour les prévisions météorologiques et océaniques », déclare Phil Evans, Directeur général d’EUMETSAT. « Près de 900 millions de personnes vivent dans des zones côtières de faible altitude à travers le monde. Les services météorologiques et océaniques de nos États membres comptent sur les données de Sentinelle‑6 pour protéger les populations, les infrastructures et les écosystèmes. Sentinelle‑6B vient compléter les données d’altimétrie de Sentinelle-3 de Copernicus et affine notre vision des océans. Couplées aux données sur le vent et l’atmosphère des satellites Metop, ses mesures alimentent chaque jour les prévisions météorologiques. Cette mission conjointe entre l’Europe et les États-Unis illustre une fois encore ce que nous pouvons accomplir ensemble. »
Une mission transatlantique
Sentinelle‑6 de Copernicus prolonge le relevé de mesures du niveau de la mer entamée en 1992 par TOPEX/Poséidon et la série de satellites Jason et perpétue ainsi la collaboration de longue date entre l’Europe et les États-Unis. EUMETSAT assure l’exploitation des satellites 24 heures sur 24 et fournit leurs données dans un délai d’environ trois heures.
Sentinelle‑6 Michael Freilich et Sentinelle-6B sont des satellites jumeaux. Depuis décembre 2025, les deux satellites volent en tandem, à 1 336 km d’altitude et à 30 secondes d’intervalle, de façon à permettre l’étalonnage de Sentinelle‑6B à partir des mesures de son jumeau. Sentinelle‑6B devrait devenir, dans les prochains mois, la mission de référence convenue au niveau international. Sentinelle‑6 Michael Freilich rejoindra alors une nouvelle orbite, mettant fin au vol en tandem pour élargir la couverture des océans.
À propos de Sentinelle‑6B de Copernicus
Sentinelle‑6B de Copernicus est exploité par EUMETSAT pour le compte de la Commission européenne, en partenariat avec l’Agence spatiale européenne (ESA) et, pour les États-Unis, l’Administration nationale pour l’aéronautique et l’espace (NASA) et l’Administration nationale pour les océans et l’atmosphère (NOAA), avec le soutien du Centre national d’études spatiales (CNES), l’agence spatiale française. Copernicus est la composante d’observation de la Terre du programme spatial de l’Union européenne.
À propos d’EUMETSAT - Trusted in Space. Essential on Earth.
Depuis 1986, EUMETSAT, l’agence européenne de satellites météorologiques, surveille le temps et le climat depuis l’espace. Siégeant à Darmstadt (Allemagne), elle exploite des satellites observant le système Terre et fournit des données et images en temps réel à ses 30 États membres, contribuant ainsi à protéger des populations et à soutenir des secteurs essentiels. Cinq satellites géostationnaires Meteosat observent en continu les phénomènes météorologiques à évolution rapide ; deux satellites polaires Metop appuient les prévisions jusqu’à dix jours d’échéance. EUMETSAT soutient des politiques de souveraineté européennes, assure des services dans le cadre du programme Copernicus et pilote le développement et la gestion du lac de données de Destination Terre. Pour en savoir plus, consultez le site internet d'EUMETSAT.