Printer friendly version Share

News Release

Les Suisses très à l’aise dans le monde numérique

08 November 2017 Zurich, University of

En Suisse, la plupart des internautes considèrent que leur capacité à utiliser Internet est bonne. La majorité d’entre eux estiment aussi que la surconsommation numérique ne leur pose pas de problème et n’ont pas le sentiment de manquer des choses plus importantes à cause d’Internet. C’est ce qu’atteste un sondage représentatif de l’Institut für Publizistikwissenschaft und Medienforschung der Universität Zürich (Institut des sciences de la communication et des médias, NdT).

Lire le journal, poster des photos de vacances ou regarder des vidéos sur YouTube: Internet sert à bon nombre de choses, mais comment évaluons-nous nos activités sur le réseau? La surconsommation numérique et le sentiment de manquer des choses plus importantes sont plus élevés chez les jeunes et chez les personnes ayant un faible niveau de formation, mais la plupart d’entre eux estiment qu’il ne s’agit pas d’un problème majeur. En Suisse, huit internautes sur dix (83%) déclarent qu’ils sont capables de faire la distinction entre activités importantes et sans importance sur Internet. Trois quarts des utilisateurs (75%) croient pouvoir cibler quelles personnes ils suivent ou quelles sources d’informations ils consultent en ligne, 73% pensent pouvoir configurer les services Internet ou leurs appareils de façon à ne pas être dérangés.

Pression numérique plus élevée chez les jeunes

En Suisse, la moitié des internautes (50%) pense qu’on attend d’eux qu’ils répondent rapidement aux messages dans leur vie quotidienne. La pression numérique en matière de disponibilité et de compétences est plus fortement ressentie chez les jeunes et les étudiants des filières supérieures en particulier. Les jeunes et les personnes ayant un faible niveau de formation ressentent une pression accrue lorsqu’ils utilisent les médias sociaux. Pour l’essentiel (78%), ils considèrent que leurs propres compétences en matière d’Internet sont au minimum bonnes, seuls 4% les jugent médiocres. Dans l’ensemble, les hommes s’estiment meilleurs que les femmes. «Les Suisses se sentent très à l’aise dans le monde numérique», conclut Michael Latzer, professeur et directeur du département Medienwandel & Innovation (Evolution médiatique & innovation, NdT) à l’Université de Zurich. Réalisé pour la quatrième fois et représentatif de la Suisse, ce sondage comporte désormais également des questions portant sur les difficultés rencontrées dans l’utilisation quotidienne d’Internet.

Neuf Suisses sur dix sont en ligne

Aujourd’hui, 90% de la population suisse utilise Internet. Quatre internautes sur cinq (79%) restent en ligne lorsqu’ils se déplacent. La durée moyenne d’utilisation a doublé depuis 2011 et s’élève aujourd’hui à 25,5 heures par semaine. Ce sont les jeunes et les personnes ayant un faible niveau de formation qui passent le plus de temps en ligne. Le nombre de non-utilisateurs a diminué de moitié au cours des six dernières années. La moitié des non-utilisateurs profite cependant indirectement d’Internet en demandant à d’autres de faire des recherches ou d’effectuer des tâches à leur place. Le nombre absolu de non-utilisateurs en Suisse s’élève ainsi à environ 360 000 (5%).

Les jeunes de 20 à 29 ans ont le plus de mal à renoncer à leur smartphone

L’utilisation d’Internet via le téléphone mobile progresse plus vite que celle via les ordinateurs ou les tablettes. Pratiquement tous les jeunes utilisent Internet via leur téléphone mobile contre un quart de la tranche d’âge 70+ (27%). Ce sont les 20-29 ans qui ont le plus de mal à se passer de leurs téléphones mobiles, même brièvement, tandis que ce sont les plus jeunes et les plus âgés qui peuvent s’en passer le plus facilement. Le niveau d’utilisation à domicile (95%) et sur le lieu de travail (72%) reste élevé, la moitié des internautes utilisant Internet à la maison pour leur travail. Les réseaux sociaux en ligne mobilisent à ce jour six personnes sur dix (62%), contre quatre sur dix en 2011 (41%).

Une bonne moitié des internautes produit ses propres contenus en ligne (51%) ou les partage (56%). «De nombreuses personnes exercent activement une fonction de contrôle (gatekeeping). Elles aident ainsi à déterminer quels sujets touchent le public suisse et la manière dont ceux-ci sont discutés», déclare le professeur Michael Latzer, expert en communication.

Un tiers des Suisses réalise des ventes en ligne

En Suisse, 86% des internautes effectuent des recherches sur des produits en ligne. Trois quarts des utilisateurs (77%) font des achats en ligne, les réservations de voyage étant particulièrement populaires (66%). Un tiers (35%) réalise même des ventes via Internet. Les prestations de l’économie partagée (sharing economy) tels que Uber ou Airbnb sont utilisées par 20% des internautes, 5% offrent eux-mêmes des services.

Forte croissance du chat, de la téléphonie Internet et de la télévision en différé

Parmi les offres interactives, ce sont les SMS/chats (83%) et la téléphonie Internet (67%) qui ont augmenté le plus au cours des dernières années; tous deux ont doublé. Les réseaux sociaux en ligne privés (61%) et professionnels (34%) ont continué à croître et sont utilisés de manière intensive: deux tiers des utilisateurs (67%) se connectent tous les jours à des réseaux sociaux en ligne privés. Twitter est utilisé de manière active par 8% et de manière passive par 15% des internautes. Dans le domaine du divertissement, la musique (69%) et les vidéos (65%) prédominent. La télévision en différé (50%) a connu sa plus haute progression en 2011 (+13%). Un tiers des utilisateurs (35%) joue en ligne, 17% s’adonnent à des jeux de hasard et 25% déclarent regarder des contenus érotiques.

Internet est aussi la principale source de divertissement

En 2017, Internet est non seulement le média d’information principal en Suisse, avant les journaux et la télévision, mais il figure aussi en tête pour le divertissement, au même titre que la télévision. Dans les deux catégories cependant, les contacts personnels hors ligne continuent d’être perçus comme étant de loin les plus importants. Pour la tranche d’âge des 70+, Internet a aujourd’hui encore moins d’importance pour l’information et le divertissement que les journaux et la radio.

Vérification des faits renforcée 

Le débat mondial autour des fausses nouvelles (fake news) se reflète dans le comportement des utilisateurs. La vérification des faits (78%, +18% depuis 2011) dans la catégorie «information» et la recherche d’actualités (86%, +11% depuis 2011) sont les plus fortes augmentations de ces dernières années. Près de 86% des internautes utilisent les dictionnaires en ligne et quasiment tous (97%) se servent des moteurs de recherche.

La confiance dans les contenus s’effondre   

«Les révélations de Snowden et les accusations de fausses nouvelles par les populistes produisent leurs effets en Suisse aussi», estime Michael Latzer. «Depuis 2013, la confiance dans les contenus a considérablement chuté, et ceci dans toutes les tranches d’âge.» Jusqu’en 2013, trois quarts des Suisses estimaient qu’au moins la moitié des contenus en ligne étaient dignes de confiance alors qu’en 2017, ils ne sont plus que 58% à le penser. La crédibilité des différents fournisseurs d’informations est évaluée de manière différenciée: la SSR, les agences gouvernementales et les journaux payants sont jugés nettement meilleurs que les contenus émanant des utilisateurs et des réseaux sociaux en ligne.

Grande inquiétude relative aux atteintes à la sphère privée

Une personne sur deux craint que des entreprises (51%) ou d’autres personnes (46%) ne portent atteinte à leur sphère privée en ligne. Quatre personnes sur dix (39%) craignent que les autorités ne fassent de même. Les internautes d’âge mûr craignent davantage que les plus jeunes une atteinte à leur sphère privée par d’autres personnes. La tranche d’âge la plus élevée (70+) est celle qui craint plus que toutes les autres que les autorités ne portent atteinte à leur sphère privée. Huit internautes sur dix (81%) en Suisse font très attention à la protection de leur sphère privée et 44% pensent pouvoir contrôler leur sphère privée sur Internet. Un quart des personnes interrogées (27%) estiment que les inquiétudes portant sur la protection des données sont exagérées. Trois quarts des utilisateurs pensent qu’ils n’ont rien à cacher. Les internautes d’âge mûr ont plutôt le sentiment de pouvoir contrôler leur sphère privée en ligne. En même temps, ils reconnaissent souvent qu’ils n’ont rien à cacher et que les préoccupations autour de la sphère privée en ligne sont exagérées à leurs yeux.

Une personne sur dix confrontée à des violations de la protection des données

En Suisse, 11% des internautes ont été confrontés à des violations de la protection des données au cours des douze derniers mois. Celles-ci n’ont entraîné le plus souvent que des problèmes mineurs. Les pertes financières (31%) et des désagréments (25%) en ont été les principales conséquences. Les expériences négatives en ligne les plus courantes sont les contenus pornographiques indésirables (41%) et les tentatives d’abus de données comme le hameçonnage (37%, phishing). Un utilisateur sur cinq (19%) a été touché par un virus, 6% par la cyberintimidation (cyberbulling), principalement dans la tranche d’âge des 14-29 ans.

«Malgré l’attention croissante portée aux risques sociaux liés à l’utilisation d’Internet, l’attitude très réservée de la population suisse face à la régulation d’Internet persiste», ajoute Michael Latzer. La majorité de la population suisse rejette le renforcement de la régulation sur Internet. Le besoin d’une régulation accrue augmente avec l’âge et diminue en fonction du niveau de formation.

Une personnes sur deux se sent impliquée dans la société de l’information

La moitié de la population (54%) se sent impliquée dans la société de l’information, 13% (plutôt) non et un tiers (32%) est neutre ou indécis. Le sentiment d’implication est plus fort chez les hommes, il baisse avec l’âge et augmente avec le niveau de formation et les compétences dans le domaine de l’Internet. En Suisse, la majorité des personnes interrogées estiment que la politique démocratique ne gagne pas en importance à leurs yeux grâce à Internet. «L’utilisation d’Internet peut certes aider à comprendre la politique, ce que 40% des personnes croient, mais elle n’induit pas une plus grande participation ni n’influence le processus politique dans le pays», explique Michael Latzer. Seules 21% à 29% des personnes interrogées croient à des améliorations possibles dans ce domaine. Un tiers de la population considère que l’influence sur la politique démocratique est insignifiante. C’est le groupe d’âge moyen qui croit le plus à ses effets bénéfiques, contrairement aux plus jeunes et aux plus âgés. Dans l’ensemble, la confiance en la démocratisation numérique en Suisse a légèrement augmenté depuis 2011, mais elle reste faible.

Une plateforme peu sûre pour exprimer des opinions politiques

Pour la moitié de la population suisse, Internet n’est pas un lieu sûr pour exprimer des opinions politiques. La moitié des Suisses (49%) pense qu’il n’est pas (très) sûr de dire ce que l’on pense de la politique sur Internet. Deux tiers (63%) de la population se prononcent en faveur d’une libre critique du gouvernement via Internet. Un tiers (34%) des personnes interrogées est favorable à la pleine liberté d’expression sur Internet, mais une proportion légèrement plus élevée (39%) rejette les prises de position extrêmes. Les plus libéraux en matière de liberté d’expression sur Internet sont les individus appartenant au groupe d’âge moyen. «Malgré l’extrémisme politico-religieux croissant ces dernières années, l’attitude de la population suisse à l’égard des prises de position extrêmes est restée la même», conclut Michael Latzer.

World Internet Project

Le World Internet Project (WIP) est une étude comparative à long terme. Elle recense et compare la distribution et l’utilisation d’Internet dans 30 pays et analyse les implications sociales, politiques et économiques du développement de ce réseau.

Le projet WIP-CH est mené par le département Medienwandel & Innovation (Evolution médiatique & innovation, NdT) de l’Institut für Publizistikwissenschaft und Medienforschung der Universität Zürich (Institut des sciences de la communication et des médias de l’Université de Zurich, NdT) sous la direction du professeur Michael Latzer depuis 2011 et repose sur une enquête téléphonique auprès de 1120 personnes âgées de 14 ans et plus conduite par DemoSCOPE en mai-juin 2017. Les membres de l’équipe de projet 2017 sont Moritz Büchi, Noemi Festic et Natascha Just.

Tous les rapports thématiques peuvent être téléchargés sur www.mediachange.ch.

http://www.media.uzh.ch/de/medienmitteilungen/2017/Digitales-Wohlbefinden.html

New Norwegian logo FNSF ad TON logo Elhuyar with Basque New Cambridge millet expertsvar 2015