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News Release

Des scientifiques belges développent un test pour détecter des super-parasites

19 July 2012 Institute of Tropical Medicine Antwerp

Des scientifiques belges de l’Institut de Médecine Tropicale (IMT) à Anvers ont fait une découverte qui devrait permettre de réunir la recherche high-tech sur la biologie moléculaire des  microbes pathogènes et les besoins des plus pauvres d’entre les pauvres. Après avoir séquencé le génome complet de Leishmania donovani (un parasite causant une des plus importantes maladies tropicales après la malaria) dans des centaines d’isolats cliniques, ils ont identifié une série de mutations spécifiques de ‘super-parasites’ et ont développé un test simple qui devrait permettre de les tracer. Cette recherche financée par la Commission Européenne s’est déroulée en collaboration avec l’Institut Wellcome Trust Sanger (Grande Bretagne) et des partenaires cliniques de la Banaras Hindu University (Inde) et du BP Koirala Institute of Health Sciences (Nepal); les résultats sont publiés dans le dernier numéro du “Journal of Infectious Diseases”.

Leishmania est un parasite unicellulaire qui est transmis par la piqure de petits moustiques, les phlébotomes, et qui vit essentiellement en Amérique Latine, en Afrique de l’Est, en Asie et autour de la mer Méditerranée (également en Europe).  Le parasite cause un maladie appelée leishmaniose dont la gravité varie, selon l’espèce de parasite, depuis des lésions cutanées guérissant spontanément jusqu’à une forme mortelle, la leishmaniose viscérale.  Récemment, l’Organisation Mondiale de la Santé estimait jusqu’à 1,6 million de nouveaux cas de leishmaniose chaque année, affectant essentiellement les plus pauvres d’entre les pauvres. En comparaison avec ces chiffres, les centaines de cas rapportés chaque année parmi les voyageurs de retour des Tropiques apparaissent comme une goutte dans l’océan. Certains de ces parasites sont plus dangereux que les autres, avec parmi eux ceux qui causent la leishmaniose viscérale, une forme clinique mortelle en absence de traitement. 

Récemment, le même groupe de chercheurs avait rapporté l’existence de ‘super-parasites’ parmi ces (déjà) dangereux microbes. Ceux-ci circulent dans le sous-continent Indien, sont résistants au médicament utilisé en première ligne et sont en plus mieux équipés pour survivre à notre système immunitaire. C’était la première fois qu’un organisme ‘doublement armé’ soit trouvé dans la nature. Ces super-parasites pourraient anéantir les efforts en cours pour contrôler cette maladie dévastatrice.

La Commission Européenne soutient présentement une série de projets de recherche afin de développer de nouveaux médicaments contre ce type de parasites ou de protéger les rares médicaments existants contre le développement de résistance (Voir http://www.leishrisk.net/leishrisk/). Dans le contexte du projet Kaladrug, les scientifiques belges de l’IMT, avec leurs collègues britanniques de l’Institut Wellcome Trust Sanger  et leurs collègues Indiens et Népalais, ont déchiffré le code ADN de Leishmania en utilisant les technologies génomiques les plus modernes et cherchant à trouver des caractéristiques permettant de tracer les super-parasites.  Les scientifiques ont trouvé un groupe de mutations qui sont spécifiques de ces microbes résistant aux médicaments et plus virulents et ils ont développé un test facile à appliquer, pour les détecter plus rapidement.  “Grâce à la découverte de ces mutations, rendue possible grâce au financement par la Commission Européenne, l’émergence et la propagation de ces parasites résistants peuvent être suivies plus efficacement, contribuant ainsi à un meilleur contrôle des parasites et des maladies qu’ils provoquent,” rapporte le Dr Manu Vanaerschot (IMT), premier auteur de l’article. “Nous espérons que cette découverte posera les jalons d’un système de détection de la résistance applicable sur le terrain et pour n’importe quel médicament anti-leishmanien. Ceci est une découverte importante qui contribuera énormément au contrôle de la menace occasionnée par la leishmaniose,” rapporte le  Prof Shyam Sundar (Banaras Hindu University), autorité mondialement reconnue dans le domaine de la recherche clinique. 

Les révolutions technologiques des dernières années ont permis un effort inouï de séquençage du génome de centaines de microbes. Ce type de recherche apporte un potentiel sans précédent pour trouver de nouvelles solutions afin de combattre ces pathogènes, en révélant leur talon d’Achille, pour ainsi dire. Ces technologies peuvent révéler la véritable identité des microbes, en offrant des cibles pour de nouveaux médicaments ou vaccins, ou en permettant aux scientifiques de traquer les microbes.  “Par l’application des technologies les plus modernes sur un matériel clinique précieux, afin d’identifier des marqueurs robustes, nous renforçons notre position dans le top mondial dans le domaine de la recherche translationnelle sur les maladies infectieuses et surtout, nous en faisons bénéficier les patients démunis qui sont généralement les plus négligés par notre société”, témoigne le Prof Dujardin (IMT), coordinateur du projet Kaladrug. “Ce projet illustre également la valeur inestimable de la collaboration avec les partenaires cliniques des régions affectées. La Commission Européenne joue un rôle important en finançant de la recherche fondamentale qui en même temps génère des solutions aux défis cliniques et épidémiologiques.”

Attached files

  • Village typique dans le district de Siraha, Nepal, où la leishmaniose est endémique. © ITG


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